La nuit de Walpurgis et le sabbat des sorcières

Sorcières et sorciers, ce soir, sortez de vos chaumières ! Car c’est en cette nuit du 30 avril que doit se dérouler le grand rendez-vous des affidés du Diable : la célèbre nuit de Walpurgis dont le seul nom inspire un légitime effroi. Qui a lu le Faust de Goethe n’a pu oublier le récit de cette nuit d’épouvante et de beuverie lors de laquelle sorcières et démons se réunissent au sommet d’une montagne pour se livrer, entre autres, à une bonne vieille orgie des familles.

Mais la nuit tombe, pas le temps de lanterner. Montez dans ma vieille carriole aux roues grinçantes, je vous emmène sur place : il faut que vous en ayez le cœur net. Et tandis que nous roulons à vive allure en direction de la célèbre montagne du Harz située en plein cœur de l’Allemagne, vous commencez déjà à en apercevoir au loin la plus haute sommité, le Brocken, qui en cette nuit de brouillard est auréolée de lueurs phosphorescentes. Le lecteur est ici prié de faire un petit effort d’imagination.

Brocken full
Vue de la montagne de Broken pat Bestehorn, 1749. Gallica.

C’est sur cette montagne emblématique de la culture allemande que, selon des légendes ancestrales, se déroule tous les ans la terrifiante Walpurgisnacht ou « nuit des sorcières ». Et si vous dardez vos jumelles en direction du sommet du vieux Brocken, vous le verrez, cet escadron volant de sorcières à califourchon sur des manches à balai, des fourches et autres créatures fantastiques. Quel spectacle !

Brocken zoom

Mais alors, d’où débarquent-elles, ces sorcières ? Et depuis quand hantent-elles les lieux en cette nuit diabolique ? Pour comprendre comment cette croyance s’est développée au fil des siècles, je me suis plongée dans le génial pavé (1255 pages, s’il vous plaît) de Guy Bechtel : La sorcière et l’occident, ainsi que dans de nombreux ouvrages passionnants que vous retrouverez tout au long de l’article et dans ma bibliographie, et j’ai tenté de remonter l’histoire jusqu’aux origines du sabbat des sorcières. Si vous voulez bien vous donner la peine de me suivre…

Dès l’époque antique, la présence de sorcières et de sorciers est attestée en Occident, de même que celle des mages et des magiciens. Dans ce monde considéré comme mystérieux et instable, où l’invisible flirtait avec le réel, les magiciens travaillaient à rétablir les équilibres en usant de magie dite naturelle, tandis que les sorciers, avec leur magie maléfique, s’efforçaient de les détruire (Bechtel, p. 19). Étaient donc considérés comme sorciers ou sorcières les hommes et les femmes qui prétendaient pouvoir donner la malemort aux hommes ou au bétail, déclencher grêle et tempête pour nuire aux récoltes, et tout un tas de vilenies… Bref, les sorciers étaient ceux qui pratiquaient le maleficium par le truchement de sortilèges, d’envoûtements, d’incantations, de philtres, de ligatures et j’en passe !

À Rome au IVe siècle, pour en finir avec ces pratiques païennes, l’empereur Théodose imposa le christianisme et fit interdire la pratique de la magie et de la sorcellerie (Bechtel, p. 52). Le concile de Laodicée, en 360, ordonna même l’excommunication des jeteurs de sorts. C’est qu’avec leurs sortilèges et leurs entourloupes, les sorciers risquaient fort de se mettre à conspirer contre les princes ou contre Dieu. Pour avoir la paix, il fallait donc dare-dare évangéliser les peuples celtiques et germaniques chez lesquels les croyances païennes et pratiques de sorcellerie étaient très répandues.

En effet, dans ces régions de l’Europe centrale et nordique où le christianisme tentait de s’implanter au début du Moyen Âge, la population, toutes classes confondues, continuait de croire au surnaturel, de vouer un culte aux divinités de la nature et de pratiquer la sorcellerie rurale. Malgré l’effondrement progressif du paganisme, il était toujours courant de porter des amulettes ou des talismans pour se protéger, de fabriquer des objets votifs et d’ingurgiter la tambouille des petits devins et rebouteux de villages, à base de bave de crapaud et de sang de lézard, pour se soigner. Car à l’époque magie et médecine coexistaient.

Une sorcière invoquant la puissance des éléments, 1532 dessin de Sébastien Brandt
Une sorcière invoquant la puissance des éléments par Sébastien Brandt, 1532. Gallica.

Mais face à la résistance des Germains à adopter la nouvelle religion, l’Église commença doucement à serrer la vis. Je dis “doucement”, car, si les conciles et les lois royales poursuivaient les pratiques païennes et condamnaient la sorcellerie, celle-ci n’était pas encore diabolisée. Si en 743, Chilpéric III interdit la pratique de « sortilèges, philtres amoureux, augures et enchantements », Charlemagne quant à lui défendit formellement de faire du mal aux sorcières en tenant à peu près ce langage : « Quiconque, aveuglé par le démon croit, à la façon des païens, que telle personne est une sorcière et mange des hommes, et pour ce motif brûle cette personne et en mange la chair ou la fait manger à d’autres, sera puni de mort » (synode de Paderborn, 785) (Bechtel, p. 128). De même, en 936, le pape Léon VII prôna l’indulgence envers les personnes accusées de sorcellerie en affirmant que : « Si la loi frappe de mort ces derniers, la justice ecclésiastique leur laisse la vie afin qu’ils fassent pénitence » (Bechtel, p. 129). Le geste est beau ! Comme le rappelle Guy Bechtel, le Moyen Âge ne persécuta que rarement les sorcières et les sorciers. Ceux-ci furent largement tolérés et traités par les juges avec une relative mansuétude.

Mais à partir du XIVe siècle, avec l’avènements de grands fléaux, les choses commencèrent à tourner en eau de boudin, si vous me permettez cette expression. Des épidémies chroniques de peste et de variole accompagnées de disettes meurtrières ravagèrent l’Europe déjà secouée par des tensions politiques (guerre de Cent Ans) et religieuses (désorganisation de l’Église après le schisme d’Occident et contestation de la monarchie pontificale) (Nabert, Le Mal et le diable : leurs figures à la fin du Moyen Âge). Les populations désorientées tentèrent alors de trouver des explications aux calamités qui les accablaient et accusèrent le Diable de semer la peste et la mort dans les villages. Mais il leur fallait des coupables de chair et de sang sur lesquels décharger leur aveuglante colère. En ces temps troublés et angoisseux, les sorcières allaient devenir de parfaits boucs émissaires (comme l’étaient déjà à l’époque les hérétiques, les lépreux, les prostituées ou les juifs, considérés par l’Église comme une menace).

C’est ainsi que, pour préserver l’unité du peuple chrétien en ces temps de crise, l’Église mit en branle les terribles rouages d’une machine infernale visant à la stigmatisation et à l’élimination des sorciers et sorcières. Dès décembre 1484, le pape Innocent VIII, les accusant de frapper de maladie ou de mort les hommes et les bêtes à l’aide de leur pouvoir maléfique, chargea l’Inquisition d’arrêter et de châtier les coupables de diableries (Pavot, Procès précoces de sorcellerie). Elle s’en donnera à cœur joie.

Un homme est harcelé par des sorcières, 1532.
Un homme harcelé par des sorcières, par Sébastien Brandt, 1532. Gallica.

C’est alors que parut, en 1486, le plus célèbre traité d’Inquisition, le Malleus Maleficarum ou Marteau des Sorcières. Dans ma grande bonté, je vous glisse ici le lien vers un exemplaire d’époque numérisé sur Gallica. Dans la pure tradition de la littérature cléricale et misogyne de l’époque — qui présentait la femme comme un être maléfique : héritière d’Ève, cette félonne porte en elle le vice ou, tout du moins, est marquée du soupçon de malignité — cette somme démonologique tenta de démontrer que la femme, créature faible et crédule, était une proie de choix pour le démon. Ainsi, le Malleus Maleficarum dressa un portrait terrifiant de la sorcière et en fit l’acolyte du Diable, l’instrument indispensable pour accomplir ses méfaits. Car selon l’Inquisition, c’était à travers l’enveloppe charnelle de la sorcière, après que celle-ci se soit donnée corps et âme à lui, que Satan pouvait semer la terreur et la mort (Pigné, Du De malo au Malleus Maleficarum). D’où l’absolue nécessité, selon eux, de détruire les sorcières (en l’occurrence par les flammes du bûcher) pour pouvoir éradiquer le Mal de la Terre. Bien que condamné par l’Église en 1490, l’ouvrage connut un succès phénoménal (30 000 exemplaires circulèrent dans toute l’Europe) et devint le manuel de base des magistrats et inquisiteurs chargés de poursuivre et d’éradiquer la sorcellerie.

C’était désormais officiel : les sortilégeuses étaient des suppôts de Satan, accusées de comploter contre la société chrétienne. La sorcellerie traditionnelle et paysanne, jusqu’alors tolérée, devenait tout à coup une hérésie démoniaque. Se développèrent alors de nombreux stéréotypes qui constituèrent, avec le temps, l’image d’Épinal de la sorcière : crochue, puante, loqueteuse et bourrée de vices. Bref, d’une laideur à susciter les quolibets les plus cruels. Pour noircir encore le tableau, on l’accusa de cannibalisme, d’inceste, d’infanticide, de bestialité et de bien d’autres meschanteries. De leur côté, les démonologues insistaient sur le pullulement des sorcières, et donc sur leur dangerosité, tandis qu’à l’église, les sermons harangués par les prêtres, du haut de la chaire, se radicalisaient en une prédication agressive qui allait ouvrir la voie aux persécutions. À l’aube historique de la modernité, la chasse aux sorcières allait pouvoir commencer.

Dessin de Gailhac, début XXe siècle
Dessin de Gailhac, début XXe siècle. Gallica.

Avec un zèle infini, les inquisiteurs se lancèrent au pourchas des diablesses dans les villes et les campagnes. Mais pour pouvoir condamner une sorcière au bûcher, il fallait être en mesure de prouver qu’elle avait pactisé avec le prince du Mal. On imagina donc, à la suite de quelques raisonnements tortueux et que je qualifierai de bouffons, que les sorcières portaient, à même leur peau, la marque du Diable. La moindre tache de naissance ou cicatrice (surtout si elle se trouvait du côté senestre !) faisait leur affaire. Mais comme le Diable est malin (c’est le cas de le dire), le sceau diabolique pouvait aussi être invisible. C’te blague ! Il s’agissait alors d’un point du corps insensible à la douleur et que les inquisiteurs traquèrent avec un soin diligent — au hasard Balthazar — sur le corps de la sorcière dépouillée de ses vêtements à l’aide d’une aiguille ou de tout autre instrument pointu (Delpech, La marque des sorcières : logique(s) de la stigmatisation diabolique).

Autre preuve de l’allégeance au démon — et le plus grave crime entre tous ! —, était la présence aux assemblées nocturnes du sabbat. Et c’est précisément le point où je voulais vous mener, rapport à notre nuit de Walpurgis ! Car c’était à l’occasion de ces prétendues fêtes sataniques que les sectateurs du Diable enfourchaient nuitamment leur manche à balai pour se rendre, par voie aérienne, dans des lieux isolés à l’écart des villes afin de rendre hommage au Diable, s’adonner à la nécromancie et dévorer gloutonnement des petits enfants offerts en sacrifice.

Dürer, la sorcière
La sorcière de Dürer, XVIe siècle. Gallica.

En effet, à partir du XVe siècle, les inquisiteurs affirmèrent que les sorcières étaient capables de voler la nuit, en enduisant leur corps d’un onguent fabriqué à partir de chair d’enfants bouillis, et qu’elles utilisaient ce pouvoir pour se rendre au sabbat. C’est du moins ce que l’on apprend dans le Malleus Maleficarum, au chapitre intitulé « Comment les sorcières se transportent d’un endroit à un autre ? » (p. 261-268).

En marge du manuscrit du Champion des dames (vers 1450), rédigé par Martin Le Franc, prévôt de Lausanne, vous pouvez d’ailleurs admirer une des premières représentations connues de sorcières en vol, telles qu’on se les figurait à l’époque, l’une sur un balai, l’autre sur une verge. Bien entendu, la dimension lubrique de ce moyen de locomotion ne vous avait pas échappé.

Bnf Français 12476, f. 105v
Le champion des dames, Martin Le Franc, vers 1450. Gallica.

Sans surprise, les archives judiciaires ne nous ont laissé aucune preuve matérielle de l’existence du sabbat. Seuls nous sont parvenus les récits des démonologues, théologiens et inquisiteurs qui laissaient souvent transpirer dans leurs écrits les fantasmes les plus débridés. À partir des aveux arrachés sous la torture, ils se proposèrent d’établir les différentes étapes du cérémonial sabbatique, depuis le transport des sorcières pour se rendre à l’assemblée, jusqu’aux orgies bestiales par lesquelles elles s’achevaient, en passant par l’hommage au Diable (en lui baisant servilement le fessard), la profanation de l’hostie, la messe satanique, la fabrication de poudres et d’onguents, les danses concupiscibles suivies de copieuses ripailles et autres vilaines besognes… (Le sabbat des sorciers, p. 12).

sabbat
Une sorcière embrassant le fessard velu du diable en signe d’allégeance. Gallica.

Mais comme le souligne Franck Mercier, la description de ces agapes diaboliques « n’est pas sans rappeler, sous une forme diabolisée, certaines pratiques festives de la jeunesse paysanne ou citadine. Le fait est que les théologiens ou les prédicateurs ont pu se servir du sabbat comme d’un instrument de culpabilisation collective contre certaines formes de divertissement populaire jugées contraires à l’ordre moral » (Mercier, Membra diaboli). Ceux que l’on accusait de pratiquer le sabbat faisaient peur, car ils incarnaient une contre-société, un monde à l’envers, diamétralement opposé à la société chrétienne, aussi fallait-il les éliminer. C’est donc dans un climat tendu de réformation des mœurs, afin d’éliminer les dernières pratiques païennes, que s’est développé le mythe sabbatique qui finit par s’imposer dans l’Europe entière à la fin du XVIe siècle (Bechtel, p. 218). Quant à la chasse aux sorcières qui embrasera l’Europe au cours des XVIe et XVIIe siècles, elle sera un redoutable outil politique pour éliminer trublions et marginaux.

Anton Joseph von Prenner, 1728. Le sabbat des sorcières
Le sabbat des sorcières par Anton Joseph von Prenner, 1728. Gallica.

Et c’est précisément en ces temps tumultueux de persécutions des sorcières que se répandit la légende populaire de la nuit de Walpurgis. Ainsi, en 1591, le juriste Johann Georg Gödelmann témoigna des racontars qui circulaient à propos de cette nuit terrifiante dans son De magis, veneficis et lamiis recte cognoscendis : « Le bruit court que, la nuit des calendes de mai, les sorcières de toute la Germanie, après s’être enduites d’onguent, sont transportées à une grande vitesse dans le pays des Buctères, au sommet des monts Blocksberg » (Bechtel, p. 580).

Cette légende s’appuyait elle-même sur une antique coutume païenne fortement répandue au Moyen Âge dans les contrées éloignées du nord de l’Europe et qui voulait que la population rurale, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, célèbre la fin de l’hiver et le renouveau de la nature. Lors de ces festivités nocturnes, des cérémonies étaient organisées en l’honneur de la bienfaisante déesse Holda (ou Holle), une chasseresse assimilée à la Diane des Romains qui, en se déplaçant dans les airs, venait chaque année éveiller le printemps et semer des fleurs chez les Germains. Grimm, dans ses Traditions allemandes (1838) raconte que dame Holle donnait aux femmes santé et fécondité, et distribuait des fleurs, des fruits et des pâtisseries.

Pour déraciner ces anciennes superstitions, l’Église médiévale substitua à ce vieux culte païen la figure d’une vierge bien catholique : l’abbesse du couvent Heidenheim, qui mourut en Allemagne au VIIIe siècle et répondait au doux nom de sainte Walburge (ou Walburga). Contrairement à la déesse Holda, Walburge n’avait aucun pouvoir magique, mais on prétendit toutefois que des miracles s’opéraient sur son tombeau et que sa dépouille mortelle avait la vertu de juter de l’huile miraculeuse. Pour achever de christianiser la fête païenne du printemps et de la fertilité, l’Église choisit de faire du 1er mai la fête officielle de sainte Walburge dans le calendrier. Dès lors, durant la nuit de Walburge, des brandons de paille étaient allumés pour chasser les méchantes sorcières païennes. On raconte d’ailleurs que, cette nuit-là, les paysans avaient coutume de tracer trois croix sur la porte de leur maison ou de leur étable afin que, si une sorcière passe par là en se rendant au sabbat, elle ne jette pas de mauvais sort sur les bestiaux ou les occupants de la demeure.

La tradition allemande de la nuit de Walpurgis s’amplifia en se diabolisant au fil des siècles, et fut largement popularisée au XIXe siècle par le Faust de Johann Wolfgang von Goethe et Die Harzreise de Heinrich Heine. Les âmes romantiques des auteurs et artistes de cette époque se passionnèrent pour cette légende germanique peuplée de sorcières, de démons, d’orgies lubriques et de messes sataniques. Des compositeurs comme Felix Mendelssohn (écoutez La Première Nuit de Walpurgis) ou encore Modeste Moussorgski (Une nuit sur le Mont Chauve, grandiose !) se saisirent également de ce thème fantastique.

Aujourd’hui, la tradition de célébrer la nuit de Walpurgis a survécu en Allemagne et dans certains villages du nord-est de la France. Il parait que les garnements, bravant la trouille de tomber nez à nez avec de mauvais esprits, sortent dans les rues à la nuit tombée pour faire des farces à leurs voisins et s’amusent à entourer les arbres de papier toilette. Toutefois, en ces temps de confinement, m’est avis qu’on se gardera bien de gâcher une si précieuse denrée !

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MA BIBLIO :

4 réflexions sur “La nuit de Walpurgis et le sabbat des sorcières

  1. Merci Priscille , magicienne de la plume, vos articles se dévorent comme un plat de coquillettes. Dès la fin du confinement, je vais enfourcher mon aspirateur pour aller consulter les grimoires dans votre librairie. Prenez soin de vous

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