Les convulsionnaires de Saint-Médard

L’histoire du jour est celle d’une incroyable épidémie de folie qui a déferlé sur Paris pendant plus de trente ans. Elle se déroule au dix-huitième siècle dans la France des Lumières, celle des philosophes et du libertinage, de Voltaire et de Watteau… Mais à l’aube de ce siècle éclairé, qui sera celui de l’agonie de l’Ancien Régime et d’un système social dominé par l’Église, éclate une intense querelle politico-religieuse opposant le pouvoir monarchique et les autorités religieuses catholiques aux jansénistes.

Pour vous la faire brève (car il y aurait matière à y passer la journée) : en 1711, dans sa tentative d’anéantir la foi janséniste qu’il considère comme une « hérésie », Louis XIV ordonne la destruction spectaculaire de l’abbaye de Port-Royal des Champs, fief janséniste à Paris. Quelques années plus tard, en septembre 1713 plus exactement, la publication par le pape Clément XI de la bulle Unigenitus déclenche une véritable fronde religieuse. En effet, par ce décret, le pontife condamne cent une propositions du père janséniste Pasquier Quesnel relatives au dogme et à la lecture des Saintes Écritures. Dès lors, une partie du clergé décide de se rassembler autour de la défense de Quesnel et d’en appeler à un concile national pour juger ladite bulle. Ceux qui se réunissent ainsi sous le nom d’« appelants », rallient à leur cause une grande partie de la population des quartiers populaires du centre de Paris, alors majoritairement jansénistes (pour vous donner une idée : sur les quatre cent cinquante curés du diocèse parisien, les trois quarts sont appelants). Ces derniers sont alors la cible de nouvelles répressions et persécutions qui s’étendent à tous le royaume et frappent tous les jansénistes qui osent s’opposer à la décision du Pape. Bon, ça, c’était pour planter le décor. Maintenant, rentrons dans le vif de notre affaire !

Laissez-moi tout d’abord vous présenter un des membres du clergé parisien opposé à la fameuse bulle Unigenitus, j’ai nommé François de Pâris. Né en juin 1690, ce jeune diacre avait embrassé avec ferveur le jansénisme depuis de nombreuses années et s’occupait des indigents de la paroisse de Saint-Médard dans le quartier pauvre de Mouffetard, auxquels il tricotait des bas, car c’est un type sympa.

Obsédé par l’austérité, ce cénobite adepte des mortifications (il portait sur lui une ceinture de fer garnie de pointes) vivait dans l’ascèse et dans le plus parfait rigorisme religieux, vouant sa vie aux miséreux. Il ne se nourrissait que d’un repas par jour composé généralement d’une soupe de choux à l’eau, accompagnée d’une petite portion de riz blanc et de pain bis. Trois fois l’an seulement, à Noël, à la Pentecôte et à Pâques, il s’autorisait — comble de la gourmandise ! — un petit morceau de barbaque.

Paris
François de Pâris, gravure de Jean Restout, dans La vérité des miracles de Carré de Montgeron.

Mais ces jeûnes et ces macérations eurent raison de sa santé et, après une vie de renoncement absolu, le diacre famélique succomba d’épuisement à l’âge de 37 ans dans sa misérable cabane de la rue de Bourgogne, en abandonnant tous ses biens aux pauvres. Avant de rendre l’esprit, comme on dit dans le jargon, ce janséniste convaincu usa de ses dernières forces pour protester, dans un dernier râle, contre la bulle Unigenitus, à une époque où la politique de répression à l’égard des appelants s’intensifiait et que de nombreux prêtres étaient chassés de leur paroisse.

En apprenant la nouvelle de la mort de celui qu’ils appelaient Monsieur François, les loqueteux de Saint-Médard — ses petits protégés — furent saisis d’une vive émotion. Rendus à son domicile, les premiers arrivés s’arrachèrent des morceaux de la tunique dans laquelle le bienheureux pénitent avait rendu l’âme. On s’employa également à déniaper consciencieusement la laine de son matelas afin d’en faire de petites reliques.

Le 2 mai 1727, le corps du bon diacre était déposé par les bedeaux de Saint-Médard dans le modeste charnier du cimetière, à un emplacement bientôt recouvert d’une dalle de marbre noir posée sur quatre dés. Aussitôt, la tombe devint un objet de vénération pour les pauvres haillonneux que François de Pâris avait aidé durant sa vie et déjà un premier miracle s’y produisit : le jour même de l’enterrement, la dénommée Madeleine Beigny, paralysée du bras gauche, recouvra l’usage de son abattis après l’avoir frotté à la bière du défunt. Dans les jours qui suivirent, une crise de folie mystique déferla sur la capitale et les guérisons miraculeuses se succédèrent sur la tombe du diacre.

Tombeau de Paris, Carré de M..png
Tombeau du diacre Pâris, La Vérité des Miracles (Gallica).

Et chaque journée charriait dans le petit cimetière Saint-Médard son lot de moribonds, de paralytiques et autres infirmes aux membres viciés, couverts d’ulcères ou de plaies. Les éclopés commencèrent également à ramasser des poignées de terre du cimetière pour s’en servir comme médicament : « on en fait des emplâtres, des compresses, on la met dans les oreilles, sur les plaies, on s’en frotte comme d’un onguent, on la mêle à la soupe, on en prend à jeun » rapporte l’historienne Catherine-Laurence Maire dans son excellent ouvrage (voir biblio). Des petits malins en profitèrent même pour vendre cette terre par sachet aux badauds pressés de s’essayer à cette nouvelle cure miraculeuse !

Bref, désormais, à toute heure du jour et de la nuit, on trouvait devant la tombe du diacre Pâris des gens agenouillés en prière, psalmodiant ou récitant des neuvaines, d’autres faisant la queue pour venir s’alanguir sur le marbre, ainsi qu’une foule de spectateurs venus assister au prodige de Dieu.

Dans un premier temps, les autorités religieuses semblèrent prêter à ces miracles quasi quotidiens un caractère d’authenticité. Et il faut bien dire que cette cohue religieuse n’était pas pour déplaire au clergé de Saint-Médard, obligé d’aller vider plusieurs fois par jour les troncs de l’église remplis à craquer de piécettes. Ce n’est pas nouveau : les miracles, ça fait vendre des cierges !

Mais la multiplication des ces prétendus miracles finit par inquiéter la hiérarchie catholique et notamment l’archevêque de Paris, Mgr de Vintimille du Luc (surnommé « Ventremille » par la populace pour son goût immodéré pour la boustifaille), ennemi et persécuteur notoire des jansénistes. Celui-ci décréta donc, le 15 juillet 1731, qu’il était désormais défendu d’honorer le tombeau du diacre et de lui rendre un culte religieux.

La police procéda à de nombreuses arrestations dont les procès-verbaux sont consignés dans les archives de la Bastille et témoignent de la présence, dans le cimetière Saint-Médard, de faux estropiés interpellés par les autorités et conduits au cachot. Ce sera notamment le cas de l’abbé Bescherant qui avait une jambe plus courte que l’autre et prétendait qu’elle s’allongeait sur la tombe du diacre Pâris. Ah ! Bon sang, comme j’aurai payé pour assister à cela… Détail amusant : dans la librairie dans laquelle je travaille, j’ai trouvé un vieux recueil de pièces du XVIIIe siècle dont plusieurs traitent de notre affaire, et du fameux abbé Bescherant. Plutôt fendard à lire !

Abbé Bescherant

Mais tandis que la police pourchasse les culs-de-jatte et les mendigots qui continuent de rôdailler autour de Saint-Médard ; et d’envoyer au cachot les jansénistes récalcitrants, la célèbre sépulture du diacre Pâris devient tout à coup le théâtre de nouvelles scènes extravagantes et spectaculaires. Coïncidence ? Je ne crois pas… En effet, comme pour répondre aux répressions contre les miraculés et leurs zélateurs, se développe une singulière épidémie de convulsions. Oui, des convulsions ! Tout à coup, aux abords de la tombe, de nombreuses jeunes femmes, mais aussi des hommes et des enfants, en majorité issus des quartiers populeux de Paris et proches du courant janséniste, sont pris de soudains tremblements, en mode danse de Saint-Guy ! Les uns se mettent à miauler, les autres à aboyer, crier, haleter ou encore tourbillonner sur eux-mêmes comme des derviches, avant de se tordre en tous sens, animés de violents transports. Tonnerre de bleu…

Mais la scène démentielle que je suis en train de vous peindre ne s’arrête pas là. Car pour les délivrer de leurs cabrioles endiablées, les convulsionnaires implorent à grands cris qu’on les batte sans ménagement et s’imposent des pénitences qui font frémir d’horreur. Certains d’entre eux s’allongent sur la terre battue et demandent qu’on les piétine de la tête au pied, d’autres supplient qu’on les cogne à coups de bûches ou de chenets, d’autres encore qu’on leur enfonce des épingles dans la tête, qu’on les flagelle ou qu’on les larde à coup d’épée… Au secours ! Et, c’est le cas de le dire, puisque c’est le nom de secours que l’on a donné à ces diverses tortures censées soulager les convulsionnaires et administrées par de robustes gaillards aux fortes poignes (les frères secoureurs) qui se dévouent — si j’ose dire — pour dérouiller les pauvres convulsionnaires, de toutes leurs forces. Et le plus dingue dans tout cela, c’est que ces derniers prétendent n’éprouver aucune douleur. Bien au contraire, ils affirment même trouver l’extase au milieu de ces souffrances insoutenables.

Vous l’imaginez bien, ces phénomènes hallucinants attirent un monde fou dans le petit cimetière Saint-Médard. Aussi, malgré l’interdiction de l’archevêque, c’est une foule de plus en plus nombreuse et remuante qui s’agglutine quotidiennement autour de la tombe de Pâris. Il y a ceux qui viennent convulsionner comme on dit, mais aussi les badauds et les spectateurs curieux et intrigués par tout ce raffut. Du simple gueux au prince de sang — le comte de Clermont s’y rendit en décembre 1731 —, toute la société s’y presse. Il est même devenu de bon ton d’aller s’encanailler à Saint-Médard ! Selon Albert Mousset, « Mesdames la princesse de Rohan, la duchesse de Montbazon, le comte de Romenez font visite au tombeau le 29 septembre 1731. Un autre jour, c’est la comtesse de Grignan, puis la duchesse d’Antin ; ce sont la marquise de la Branche et la duchesse de Clermont » qui foulent de leurs jolis souliers la terre fangeuse du cimetière pour satisfaire leur curiosité morbide et pouvoir cancaner allègrement auprès de leurs commères. On s’y fait déposer en carrosse ou en chaise à porteurs et l’on va tenir salon quelques heures dans les galeries qui entourent le cimetière tout en profitant du spectacle ! D’ailleurs, c’est un véritable business et on loue les chaises six sols au tombeau : « Un Monsieur s’en étant emparé d’une, la loueuse lui a demandé de l’argent, et il lui a répondu tout haut : “sommes-nous à l’opéra” » (Maire, p. 72). Dingue ! Cependant, à l’époque, la plupart des Parisiens ne prennent pas les convulsionnaires avec beaucoup de sérieux et de nombreuses chansons populaires et poèmes moqueurs circulent sur leur compte.

Cela ne les empêche pas de se livrer à leurs excentricités et de faire chaque jour de nouveaux adeptes. Ainsi, au bout de quelques mois, on dénombre pas moins de 800 convulsionnaires à Saint-Médard. Dans tout Paris de petites brochures relatant les dernières guérisons miraculeuses et convulsions circulent sous le manteau, au nez et à la barbe du lieutenant de police Hérault qui traque sans relâche les colporteurs et imprimeurs clandestins. Les Nouvelles ecclésiastiques, un journal janséniste tiré à six mille exemplaires est massivement distribué à la population, et deviendra même le plus important journal clandestin du XVIIIe siècle.

Mais de nombreuses voix s’élèvent contre la pantomime indécente des convulsionnaires, comme en témoigne ce rapport de police : « Ce qu’il y a de plus scandaleux, c’est d’y voir des jeunes filles assez jolies et bien faites entre les bras des hommes, qui, en les secourant, peuvent contenter certaines passions, car elles sont deux ou trois heures la gorge et les seins découverts, les jupes basses, les jambes en l’air. »

Face à cette véritable épidémie de folie et à ces scènes délirantes jugées obscènes, il fallait bien que quelqu’un intervienne pour ordonner aux convulsionnaires de cesser instamment leurs jongleries ! C’est ce que fit le jeune Louis XV, après avoir fait examiner plusieurs d’entre eux par des médecins et chirurgiens, lesquels affirmèrent que les convulsions n’avaient rien de surnaturel et qu’il s’agissait d’une supercherie destinée à profiter de la crédulité du peuple. Sur ordre du roi, il fut dès lors défendu de pénétrer dans le petit cimetière dont les portes furent scellées le 29 janvier 1732. On raconte qu’un mariole y vint graver, en gros caractères, l’inscription suivante devenue célèbre :

De par le Roi, défense à Dieu
De faire miracle en ce lieu.

Pensez-vous que ces coups de filet et la fermeture du cimetière allaient arrêter les convulsionnaires ? Que nenni. Au contraire, pour ces derniers, les miracles et les convulsions sont un signe de protection envoyé par Dieu en réponse aux persécutions envers les jansénistes. Il leur faut donc poursuivre coûte que coûte leur œuvre démentielle. Par le truchement de quelques précieuses reliques — des morceaux d’étoffe ayant appartenu au diacre Pâris, ou un peu de terre recueillie près de son tombeau —, les guérisons miraculeuses et les prodiges se poursuivent dans tous les quartiers de Paris et même dans les provinces… jusqu’à Montpellier ! Aussi, rien de plus courant, à l’époque, que de croiser, au détour d’une rue, une femme agitée de violentes secousses, gigotant à même le sol, entourée de passants venus s’unir en prière ou tenter d’apercevoir un bout de fesse tout en se donnant des airs de componction…

Louis XV redouble donc de sanction avec son Ordonnance contre les prétendus convulsionnaires du 17 février 1733, par laquelle il leur défend de se « donner en spectacle en public » et de se réunir secrètement sous peine d’emprisonnement. Résultat des courses : la police arrête des centaines de convulsionnaires qui sont embastillés. Mais rien n’y fait ! Obligés de se cacher et de fuir la clarté du jour, ils se réunissant en petites sectes, dans des appartements privés, des greniers, des caves.

Dès lors, les convulsions cessent d’être envisagées comme guérissantes. En effet, tandis que l’étau se resserre sur l’Œuvre des convulsionnaires, leurs mises en scène sordides n’ont plus pour but d’aboutir à un miracle, mais tendent désormais à « restaurer, dans la souffrance, et dans les larmes, le rêve de l’Église primitive » (C.-L. Maire). Ainsi, c’est à travers les tortures qu’ils s’infligent que les convulsionnaires vont choisir de figurer le martyr de l’Église et des jansénistes persécutés.

En effet, lors de leurs assemblées clandestines, à l’abri des regards, la ferveur janséniste de ces convulsionnaires sectaires atteint le paroxysme du macabre et du sadisme puisque s’y multiplient les secours meurtriers. À la différence des secours qui consistent à passer à tabac le convulsionnaire afin de le soulager de ses maux, avec les secours meurtriers la délivrance n’est souvent obtenue que par l’hémorragie apoplectique du cerveau, enfin, la mort quoi… Ils se livrent alors à des pratiques d’une violence inouïe souvent inspirées de la Passion du Christ, parmi lesquels d’abominables scènes de crucifiements (à quatre clous ou à huit clous, selon l’humeur).

Les sources qui relatent ces effroyables séances sont, en premier lieu, les milliers de pages de procès-verbaux et de comptes-rendus de séances consignés dans les archives de la Bastille. Mais les menus détails de ces scènes de tortures nous sont aussi parvenus par les écrits de Louis-Basile Carré de Montgeron, conseiller au Parlement et ancien libertin qui s’est converti au jansénisme en 1731, après s’être rendu au cimetière Saint-Médard. Ce défenseur enragé des convulsionnaires et de la cause janséniste est l’auteur de plusieurs ouvrages destinés à démontrer l’irréfutabilité des miracles auprès de l’opinion publique et à en faire la publicité. Il est notamment l’auteur du célèbre ouvrage La vérité des miracles publié en 1737 (la première édition fut épuisée en quinze jours !) et illustré de 31 planches gravées par le peintre d’histoire Jean Restout. Mais c’est dans Vains Efforts, rapporté ici par P.-F. Mathieu, que notre auteur décrit les secours auxquels il a assisté, notamment les « convulsions de Marie-Jeanne Fourcroy ; redressements de ses os à coups de pierre », celles de « Marguerite Turpin ; guérison de ses difformités à coups de bûche » et raconte comment il a, lui-même, dézingué à coups de chenet la pauvre Jeanne Mouler un jour qu’il endossait le rôle de frère secoureur

Ces récits sont bien trop répugnants pour les lecteurs délicats que vous êtes, c’est pourquoi je m’abstiendrai de vous décrire le grand tourniquet que construisit M. de la Barre, éminent avocat parisien, pour « mettre la sœur Marie en presse » lorsque les forces conjointes de plusieurs frères secoureurs ne suffisaient plus à la soulager de ses convulsions (je n’avais rien lu d’aussi triste, et à la fois d’aussi comique, depuis fort longtemps). Les plus intrépides d’entre vous liront l’extrait qui suit, tiré de l’époustouflant travail de recherche de Catherine-Laurence Maire, mais je recommande aux âmes sensibles de s’abstenir :

Extrait Maire.jpg
Les Convulsionnaires…, C.-L. Maire, p. 148.

Je me contenterai simplement de rapporter ce passage drolatique dégotée dans les rapports de police des archives de la Bastille, qui relate une bien curieuse pratique : « Lors de la prise de plusieurs convulsionnaires dans une maison, cul-de-sac de Sainte-Marine, il y a deux ans, il y fut trouvé aussi un enfant Jésus que la convulsionnaire emmaillotait et arrangeait, ensuite ordonnait que l’on lui fit de la bouillie ; aussitôt on mettait un chaudron sur le feu, et l’on faisait cette bouillie avec des biscuits, que l’on présentait à l’enfant Jésus, et lorsqu’on disait qu’il n’en voulait plus, tout le monde se mettait à la manger. » À travers leurs mises en scène tragi-comiques, les convulsionnaires se mettent également à représenter ce qu’ils appellent les « crimes de la gentilité » : la fornication, l’adultère, l’ivresse. Sacrées soirées…

Aussi, au sein du mouvement janséniste, les avis divergent sur la question des convulsions. Et, comme dirait Desproges, dix verges, c’est énorme. Certains théologiens jansénistes condamnent les convulsions comme étant des actions inspirées par le Diable et reprochent aux convulsionnaires de se livrer à des abominations sexuelles, tandis que d’autres maintiennent mordicus que c’est là l’œuvre de Dieu. Considérant que leurs agissements nuisent à la cause de l’appel contre la bulle Unigenitus, les appelants finissent par se désolidariser de l’Œuvre des convulsionnaires en janvier 1735. À leur suite, le Parlement, qui jusqu’alors les avait soutenus, prend ouvertement position contre leur mouvement. Les convulsionnaires n’ont plus alors aucun appui politique dans leur combat.

Dans la décennie qui suit, les convulsionnaires continuent d’exécuter leurs rituels macabres et dépourvus de toute dimension spirituelle, mais ne parviennent plus à mobiliser l’opinion publique. Ils sont de plus en plus tournés en ridicule par la population et la police ne se donne même plus la peine de leur faire la chasse. Avec l’énergie du désespoir, et dans une logique certainement quelque peu suicidaire, ils s’appliquent à rendre leurs secours plus sadiques et plus violents que jamais. Et les petites convulsionnaires, parfois encore adolescentes, sont nombreuses à mourir suppliciées les bras en croix.

Selon Catherine-Laurence Maire, on perd brusquement la trace des convulsionnaires à la Révolution française, comme si cette révolte nationale leur avait « coupé la parole ». On trouvera toutefois quelques résurgences de sectes convulsionnaires au tout début du XIXe siècle, sous le Consulat, dans les régions de l’Ain, du Lyonnais et du Mâconnais avant qu’elles ne sombrent définitivement dans l’oubli. Et si vous voulez mon avis, on ne les regrettera pas !

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MA BIBLIO (non exhaustive) :

3 réflexions sur “Les convulsionnaires de Saint-Médard

  1. Chère Priscille , j’ai reçu ton bouquin par la Poste . Dès que je l’ai touché, j’ai été délivré de ma gastro, et en le lisant , j’ai été pris de convulsions drolatiques !
    Je l’ai prêté à mon voisin qui instantanément a été guéri de ses hémorroïdes et sujet à de crises de rire !
    Je recommande la lecture de ton thérapeutique bouquin à raison de trois pages par jour. ( en cachette pour ne pas alerter les secours )
    Merci Priscille

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