La chasse à l’enfant de Belle-Île-en-Mer

Triste histoire que celle que je vais vous conter aujourd’hui puisqu’elle se déroule dans un bagne d’enfants. Voilà deux mots qui ne devraient jamais se trouver accolés. Si le mot « bagne » n’a aucune valeur juridique, c’est pourtant celui qui caractérise le mieux un lieu d’enfermement où l’on fait trimer des détenus à un dur labeur, en les soumettant aux plus abjects châtiments, dans des conditions de vie dégradantes. Le bagne quoi !

Revenons quelques décennies en arrière, sous la Troisième République (1870-1940), une période durant laquelle l’État, en faisant régner l’ordre et la loi d’une main de fer, met un point d’honneur à maîtriser les classes dangereuses. Dans ce contexte, l’enfance délinquante représente un véritable péril. Souvenez-vous, dans mon article sur le brodanchage de couenne, je vous parlais déjà de Lombroso, ce criminologue italien à l’origine des concepts de « criminel né » et de « tare héréditaire », très à la mode à cette époque. Ainsi, les gamins qui ne rentrent pas dans le rang et se rebellent contre la société sont considérés comme inamendables, comme des coupables qu’il faut enfermer et punir. Et c’est en accomplissant des tâches pénibles et laborieuses au profit de l’État que ces petits êtres inéducables pourront expier leurs fautes.

Dès le milieu du XIXe siècle, l’État multiplie la création d’établissements pénitentiaires destinés à accueillir ces « irrécupérables ». Ce ne sont autre que des prisons ayant pour vocation d’exclure et de punir les mineurs de justice plutôt que de les protéger et les insérer. On enferme donc ces gosses dans ces maisons de correction que l’on rebaptisera hypocritement « maisons d’éducation surveillée ». Dans la France de l’entre-deux-guerres, on compte une soixantaine d’institutions privées et une demi-douzaine d’institutions publiques, Belle-Île est l’une d’entre elles.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

La maison d’éducation surveillée de Belle-Île-en-Mer, située à 14 km au large de Quiberon, au sommet de la falaise qui surplombe le petit port du Palais, est un établissement pénitentiaire créé en 1880. Les divers bâtiments sont clôturés d’un haut mur d’enceinte pour empêcher les évasions, mais aussi pour cacher la mer. Car on ne vient pas au bagne de Belle-Île pour prendre des vacances. De jeunes garçons, âgés de 13 à 21 ans, y triment du jour de l’an à la Saint-Sylvestre sans interruption, dans des ateliers de matelotage, de timonerie, de voilerie ou encore de sardinerie. D’autres s’occupent de la terre et de quelques bêtes. Sous le cagnard comme sous la grêle, sous les menaces et les injures fangeuses, il faut travailler durement pour gagner son pain quotidien.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

Dans le discours officiel de l’époque — celui d’un « spécialiste des jugements pour enfants » interrogé par Le Petit Journal — on affirme qu’à Belle-Île « il n’y a pas de bagne pour les jeunes délinquants et que, dans une atmosphère quasi familiale, on s’efforce de leur donner le goût de la mer — le goût de l’amer, tu veux dire ! — et de faire de ces prisonniers des amants de l’aventure. » Malheureusement, la vérité est beaucoup plus sombre et sinistre, comme en témoigne le petit cimetière du bagne, où reposent — enfin en paix — plusieurs jeunes détenus qui ont succombé aux mauvais traitements de leurs bourreaux : nourriture insuffisante, brimades quotidiennes, sévices sexuels…

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L’Assiette au beurre, 1909. Gallica.

Mais tout d’abord, qui sont-ils, d’où sortent-ils, ces pauvres gosses aux crânes ras de galériens ; ces gamins aux mains calleuses, aux visages ravagés de boutons et de cicatrices, aux dents ébréchées ? La plupart d’entre eux sont des délinquants comparus devant les tribunaux pour des vols et autres petits délits et ayant écopé de peines allant de 6 mois à 2 ans. Et croyez-moi, à l’époque, on pouvait prendre deux ans pour une bagatelle ! Je vous rapporte, à titre d’exemple, un cas cité par Marie Rouanet (Les Enfants du bagne, 1992) : « Le curé de Cintegabelle porte plainte contre un garçon de 12 ans qui fume ostensiblement, ne retire pas sa casquette et tient des propos irrévérencieux au passage d’une procession. Coupable de “trouble à l’ordre public sur le parcours d’une procession et pendant l’exercice du culte”, celui-ci est condamné à deux ans de maison de correction. » Charité chrétienne, mes fesses !

Autres « délinquants » détenus à Belle-Île : les enfants vagabonds. Car à l’époque, le vagabondage est un délit sanctionné par la loi. Aussi, de nombreux gamins ayant fugué du domicile familial pour fuir un père violent ou incestueux, ou encore une mère sadique (et vice-versa !) se faisaient repêcher par les gendarmes au bord des routes et atterrissaient en maison de correction. Parfois ce sont carrément les parents, qui, ne parvenant plus à élever leurs enfants, demandent à ce qu’ils soient enfermés en maison de correction. Enfin, derniers cas et non des moindres, de nombreux orphelins attendant au dépôt de l’Assistance publique et auxquels on n’a pas trouvé de foyer d’accueil, finissent eux aussi par être confiés aux « bons soins » de l’administration pénitentiaire. La voilà, la « mauvaise graine » qu’il va falloir punir et « redresser » avec fermeté, à qui l’on va apprendre à marcher droit, à grands coups de nerfs de bœuf. Pour faire court, ce sont des gosses malheureux.

Dans les archives du ministère de la Justice, disponibles via Gallica, on trouve quelques photographies du bagne de Belle-Île à cette époque alors que rares sont les journalistes à avoir pu pénétrer dans les lieux. En vérité, les clichés dont on dispose ont été pris entre 1929 et 1931 par le studio Henri Manuel, sur commande de l’administration pénitentiaire, il s’agit donc de mises en scène.

Toutefois, même mises en scènes, ces images font froid dans le dos. Elles témoignent de l’univers carcéral dans lequel ces adolescents ont grandi, de la dureté des conditions de vie, de la vétusté et de l’ambiance austère de locaux plus adaptés à la répression qu’à l’éducation.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

Sur celle-ci, on voit un enfant en uniforme de mousse, passer au prétoire dans le bureau du directeur, sous l’œil torve — c’est le cas de le dire ! — de son adjoint. Dans le fond, derrière la porte ouverte, des camarades attendent leur tour, debout, le visage tourné vers le mur…

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Torve, c’est le mot !

Toujours est-il que pendant que ces messieurs discutaillent, dans leur joli bureau, des nouvelles sanctions à appliquer à leurs pupilles, les gosses eux, triment. Ils sont vêtus d’un bourgeron blanc — leur tenue de travail — et chaussés de galoches.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.
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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

Unique distraction, pour quelques jeunes privilégiés (ceux qui savent bien cirer les grolles), participer à la fanfare de la maison d’éducation qui, aux grandes occasions, parade dans la ville voisine de Palais. Mais, encore une fois, ça n’a pas l’air d’être la grosse marrade.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

Si l’on pousse la porte d’un des bâtiments du bagne, on aperçoit un couloir d’une propreté douteuse.

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Source : archives de l’École nationale d’administration pénitentiaire (ÉNAP).

Et en parlant de crasse, voici les douches collectives où il devait faire bon vivre en plein cœur de l’hiver. Ironie.

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Source : archives de l’École nationale d’administration pénitentiaire (ÉNAP).

Quant à ce jeune, sans doute un tuberculeux (?) pour avoir droit à un bain, il trempe l’air hagard dans une baignoire — sans eau ! — faisant mine d’activer le robinet. Je ne sais pas vous, mais moi ça me fend le cœur.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

La nuit — à l’heure où les enfants normaux reçoivent sur le front un doux baiser maternel — les petits détenus de Belle-Île sont enfermés dans ce qu’on a familièrement appelé des « cages à poules » afin qu’il ne leur prenne pas l’envie de se balader, de se réunir ou de s’évader. Comme vous le constatez, il s’agit de dortoirs grillagés et verrouillés de l’extérieur.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

Enfin, terminons cette sinistre visite par le réfectoire, avec ses surveillants qui y font régner l’ordre, son mobilier rudimentaire et sa vaisselle en métal usagée.

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Source : archives de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.

Dans cette atmosphère où le silence semble peser une tonne — le silence rédempteur imposé aux détenus —, un galopin prend le risque de regarder l’objectif, tandis que les autres fixent obstinément leur gamelle tel qu’on le leur a ordonné…

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Ce gamin au visage tourné vers le photographe, c’est un peu pour lui rendre hommage que j’ai choisi de rédiger cet article. Car c’est précisément dans ce fameux réfectoire du bagne de Belle-île qu’éclate, un soir d’été de 1934, l’événement que je vais vous rapporter.

Venons-en aux faits : le lundi 27 août 1934, au cours du dîner, un jeune détenu, manquant à tous ses devoirs (aux règles qui régissent le repas des détenus), commença à croquer son morceau de gruyère avant d’avoir fini de boire sa soupe. Une soupe qui, soit dit en passant, était infâme si l’on en croit un récit de détenu rapporté par Louis Roubaud : « On nous apportait dans notre gamelle une soupe fumante. La cuiller tenait debout là-dedans comme dans un pot de colle. De fait on aurait pu coller des affiches avec cette soupe. Pas un verre d’eau. On essayait une cuillérée… et l’on jetait le reste aux tinettes. » (Les Enfants de Caïn, p. 104).

Toujours est-il qu’entamer son frometon avant sa soupe est interdit par le règlement. Et les gardiens veillent. Le pauvre gosse se fait griller, il est saisi au colbac par de grosses mains, flanqué par terre et roué de coups par deux matons, en cadence, mais sans mesure. Et les affreux mettent tellement de cœur à l’ouvrage que les autres pupilles attablées dans le réfectoire, craignant pour la vie de leur camarade, se lèvent de table — un autre acte sévèrement réprimé — et tentent de s’interposer entre le petit corps roulé en boule sur le sol et les matraques en nerf de bœuf des surveillants.

Ces derniers, fous de rage, redoublent alors la violence de leurs coups, frappant comme des girouettes furieuses sur tout ce qui ressemble à une caboche d’enfant. Les tables et les bancs sont renversés, les gamelles volent, c’est le pugilat.

Mais les jeunes détenus, en plus grand nombre, finissent par prendre le dessus et parviennent à maîtriser leurs gardiens. Dans cet instant, il faut faire vite. L’alarme va être donnée, d’autres surveillants vont accourir et la répression sera cruelle, sanglante, ils le savent. Ni une ni deux, les gamins poussés par leur instinct de survie, se précipitent vers la petite porte du réfectoire et s’élancent dans la grande cour cernée de hauts murs.

Par chance, des échelles ont été laissées en plan par de jeunes pupilles qui travaillaient ce jour-là à la réfection de la toiture. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, les échelles sont dressées, la muraille escaladée, et les gamins dispersés dans la nature.

Quelques minutes plus tard, le directeur de l’établissement constate avec effroi la disparition de cinquante-cinq enfants. Quant aux deux gardiens présents dans le réfectoire, ils ne sont que légèrement blessés.

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Source : Criminocorpus, Détective.

Aussitôt, les surveillants du bagne enfourchent leurs bicyclettes et partent à la recherche des petits mutins. Ils s’arrêtent dans la ville portuaire du Palais, située en contrebas, et informent les habitants et les vacanciers que des délinquants se sont échappés de la maison de correction et que, conformément au règlement, une prime de vingt francs sera offerte pour chaque enfant rapporté au fort.

Appâtés par la prime de capture, des pêcheurs, des paysans, des Bretonnes en coiffe, des touristes et même des vieillards se mettent en chasse. Car l’île n’est pas bien grande, elle ne s’étend que sur une vingtaine de kilomètres de long et dix de large. Autant dire qu’on ne peut pas s’y cacher bien longtemps. Un gendarme raconte au journaliste de Paris-Soir : « En un instant, toute l’île fut alertée. Des autos sillonnèrent les routes, des touristes tirèrent des coups de revolver en l’air ; en un seul endroit nous en prîmes trente qui étaient serrés les uns contre les autres, tremblants de peur et qui se rendirent sans résistance. »

Jacques Prévert, en vacances sur l’île à ce moment-là, assiste à la scène. Il regarde, horrifié, les mères de famille, les curés et tous les « braves gens », armés de fusils ou de fourches, traquer dans les buissons, dans les taillis et dans les grottes, des gamins effrayés. C’est cet épisode sinistre qui lui inspirera son célèbre poème « La chasse à l’enfant » dont voici un extrait (et qu’il faut que vous écoutiez interprété par Marianne Oswald) :

« Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
Tout autour de l’île il y a de l’eau
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu’est-ce que c’est que ces hurlements
Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
C’est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l’enfant […] »

Ainsi, le journaliste Alexis Danan rapporte : « les chasseurs de crabes aux mollets velus se muèrent en chasseurs d’enfants. Les femmes elles-mêmes retroussèrent leur cotillon et montrèrent ce qu’elles valent au service de l’ordre. Ce fut une joyeuse compétition. On comparait, à la table d’hôte, les bilans. Certains avaient gagné jusqu’à deux cents francs. » (L’Épée du scandale, p. 173).

chasseurs de mutins, détective.png
Source : Criminocorpus, Détective.

Résultat des courses, grâce à la ferveur et l’abnégation des garde-chiourmes et de la population qui traquèrent les enfants jusqu’à l’aube, le lendemain tous les fugitifs avaient été rattrapés. Par petits groupes, des cohortes silencieuses de gosses, tête baissée et tremblants jusqu’aux moelles, firent leur entrée sous le funeste porche de la maison de correction, respirant à pleins poumons le grand air, une dernière fois avant l’isolement punitif.

Ils furent, vous l’imaginez bien, très sévèrement corrigés, à l’abri des regards derrière les hauts murs de leur prison. La plupart des fugitifs furent par la suite envoyés à la maison d’éducation surveillée d’Eysses, une des institutions pour mineur les plus répressives de France, pour y être matés.

Ce terrible fait divers, qui n’était ni le premier ni le dernier dans ce bagne d’enfants où l’évasion était une obsession, restera pourtant gravé dans la mémoire des Français grâce à la virulente campagne de presse menée par un journaliste dévoué à la cause de l’enfance martyre. Cet homme, Alexis Danan, se lança en effet dans une bataille médiatique acharnée pour sensibiliser l’opinion publique au sort de ces mineurs de justice et dénoncer les coupables. Mais il faudra attendre encore de nombreuses années pour que les abus et les drames qui se déroulaient quotidiennement dans les bagnes d’enfants soient punis et que des réformes soient envisagées. Dans le prochain article, je vous parlerai du combat d’Alexis Danan et de Mettray, Eysses, Aniane, ces autres « maisons des supplices » qui, en perpétuant les déchéances, n’étaient autres que des fabriques de criminels, de futurs forçats.

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BIBLIO :

12 réflexions sur “La chasse à l’enfant de Belle-Île-en-Mer

  1. J’ai découvert cette part très sombre de notre histoire lors d’un séjour récent à Belle-Île. Merci pour cet article très émouvant.
    La photo censée représenter la « maison d’éducation surveillée », le bagne quoi, est une photo de la citadelle Vauban elle-même et le grand bâtiment que l’on voit a servi effectivement de prison (on y visite encore des cellules) mais ce n’était pas le bagne d’enfants. Il me semble que celui-ci était construit sur le glacis de la citadelle, donc en dehors de celle-ci, dans le quartier de Haute Boulogne. Les bâtiments sont encore debout et accueillent aujourd’hui des services de la communauté de communes, je crois. Ironie de l’histoire ou volonté de rédemption (!), l’auberge de jeunesse est construite juste à côté.
    Je me demande pourquoi cette photo est identifiée par l’administration comme celle de la maison d’éducation surveillée. Pour faire plus joli, voire touristique ?

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    1. Bonjour et merci pour votre commentaire. Peut-être est-ce une erreur lors de l’archivage. Le bagne se trouve effectivement accolé à la citadelle Vauban, vous avez raison de le signaler. Malheureusement c’est la seule photographie d’époque que j’ai trouvé présentant le port de Palais en contrebas. Belle journée, Priscille

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  2. J’ai rarement été autant touché par un récit. Celui me glace le sang et me laisse hébété avec un ressentiment amer sur le cœur. Combien connaissent cet abominable épisode de l’Histoire ? Un parmi tant d’autres peut-être mais triste à pleurer.

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  3. Morbihanais pur souche natif de Lorient mais vivant en Alsace depuis 19 ans j avais déjà lu des témoignages et recits concernant cette tragedie que dis je cette honte a la fois regionnale et republicaine aussi.Apres cela on s etonne que bon nombre d entre eux aient connu les bagnes de Brest ,Toulon ,et Cayenne quelle tristesse.

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  4. Aujourd’hui l hôpital Yves lanço du foyer accueil médicalisé en ressort peut-être pas à ce point mais mon fils a vécu 6 ans de maltraitance dans cet endroit abusé des handicapé et de leur argent quel honte ces personnes sont sous tutelles et sans argent heureusement que nous avons pu le défendre avec l’aide d un avocat

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  5. Merci pour cet article, fascinant comme d’habitude et surtout qui n’oublie pas de nous confronter à l’horreur éternelle des « braves gens », et au courage des parias qui ne théorisent pas avant de s’interposer entre l’Autorité et un malheureux qu’on roue de coups.
    Les uns sont rétribués, les autres croupiront en prison.

    A l’époque de l’Aquarius, se confronter à ce type d’Histoire n’est pas du luxe.

    J’ai été vraiment étonné d’apprendre que la troisième république déléguait à des entreprises privées (?!) la gestion de la plupart de ses bagnes de jeunesse. Avez vous des détails supplémentaires sur cet « arrangement » public/privé ?

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    1. Merci pour votre commentaire. Comme indiqué en conclusion, l’article du mois prochain abordera la question de ces différentes maisons de correction pour mineurs. J’espère que vous y trouverez les réponses à vos interrogations. Priscille

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  6. J’ai découvert cette histoire terrible lors d’un séjour sur Belle-Ile mais j’avoue, je n’avais pas eu le courage d’aller plus loin. Bravo et surtout merci pour ce partage qui fait partie de notre histoire 🙂

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  7. Éduquer en réprimant, mater jusqu’à obtenir du désir de liberté qu’il se transforme en haine à son tour, une vieille recette aussi mauvaise que la soupe décrite plus haut, qui satisfaisait sans doute une forme de sadisme chez les malheureux garants de l’ordre et de la norme. « Les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux », disait Georges Brassens. Heureusement il y aura toujours des poètes, merci !
    Une pensée pour ces gosses de Belle-Île.

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  8. En surfant sur l’article de suivant :
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/faut-il-debaptiser-les-colleges-et-220711
    dans les commentaires de velosolex 17 janvier 23:04 une allusion est faite sur la rébellion et l’évasion de ces enfants à « Belle-île » -plutôt ironique comme dénomination !- Faut-il débaptiser….. .
    Au grè du Moteur de recherche, apparaît votre article …très bien documenté et bien écrit. Il a donc répondu à mon questionnement et fait naître un étonnement sur l’existence des pénitenciers pour enfants à cette époque, dont la trace subsiste fort heureusement dans nos poésies -tentative de dire les choses autrement mais pas toujours comprise-. Merci donc pour ce rappel de l’histoire de notre société qui confirme que… non ce n’était pas mieux avant..
    je m’abonne et je partage et je contribue à votre écriture…
    Christophe enseignant 57

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