Le Cabinet noir

« Les conspirations dans l’État sont devenues difficiles, parce que, depuis l’invention des postes, tous les secrets particuliers sont dans le pouvoir du public. »
— Montesquieu, Grandeur et décadence des Romains, chap. 21.

 

L’autre soir, ayant préparé des hectolitres de thé, je promenais mon lorgnon – fouineuse et folâtre comme de coutume – au-dessus de poussiéreuses liasses de courrier de nos pères, plongeant gaiement dans ces correspondances d’autrefois. Toute une aventure ! Rappelez-vous ces lettres pittoresques écrites sur du papier de chiffon vergé jauni par le temps, couvertes de pâtés d’encre et scellées d’un cachet de cire rouge. Écrites bien souvent sans ponctuation ni alinéas, elles fourmillent d’abréviations et d’ellipses à tel point que certaines d’entre elles nous apparaissent comme cryptées et quelques-unes, d’ailleurs, le sont…

Mais nous ne sommes pas ici pour nous attendrir sur ces récits d’antan, sur les épanchements amoureux et les confidences de nos ancêtres. Le sujet du jour est grave, très grave, puisqu’il s’agit de la violation du secret des lettres, une vilenie qui se perpétue depuis des siècles dans le silence et l’impunité. Préparez-vous donc à découvrir la sombre histoire du Cabinet noir, un service d’espionnage secrètement installé dans l’hôtel des Postes, où d’obscurs fonctionnaires à la solde du gouvernement s’appliquaient à une bien sale besogne.

D’aussi loin que remontent les premiers échanges épistolaires, il s’est trouvé de sinistres personnages pour en soutirer frauduleusement le contenu privé. Dans l’Antiquité, deux cents ans avant l’avènement du p’tit Jésus, l’historien grec Polybe se plaignait déjà que l’on intercepte ses correspondances. Et le vieux malin, comme d’autres avant lui, dû avoir recours à la cryptographie, cet art de correspondre au moyen de signes ou de chiffres incompréhensibles pour les non-initiés ; histoire que personne ne vienne fourrer son nez dans ses petites affaires. Mais dans l’Antiquité, comme au Moyen Âge, le service postal régulier tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas. On confiait ses lettres au portier de sa maison ou encore à des voyageurs et des charretiers parcourant les provinces et faisant route dans la destination voulue. Les rupins, quant à eux, entretenaient des cavaliers ou des messagers à pied qui, lestes et agiles, transportaient leurs missives dans les plus brefs délais. On pouvait encore faire appel aux « petits messagers de l’Université », porteurs des missives destinées aux étudiants et qui, de temps en temps, moyennant pécune, acceptaient de transporter votre pli.

messager
La création du premier service de poste aux chevaux, au sein du royaume de France, remonte à Louis XI. Les chevaucheurs du roi étaient chargés d’assurer le transport des dépêches de Sa Majesté, de ses officiers et de ses ambassadeurs, mais les pécores, pour lors, pouvaient se gratter. D’un autre côté, le service postal de cette époque n’était pas non plus très folichon ! Dans un Édit sur les Postes (1464) Louis XI stipulait très clairement que tout courrier transporté à travers la France par les chevaucheurs de l’Écurie du Roi devait être inspecté afin que l’on s’assure qu’il ne comporte rien qui porte atteinte au roi ou aille à l’encontre de ses édits et ordonnances. [Souvenez-vous, je vous racontais l’autre jour que Louis XI était un brin parano.] Bon, au moins, le message était clair : tout ce que vous écrirez pourra être retenu contre vous. Ce n’était donc pas le moment de glisser dans ses correspondances quelques conspirations et ténébreuses menées.

Ce n’est qu’au XVIIe siècle que le service de la poste royale, jusqu’alors à l’unique service du souverain, s’ouvrit aux particuliers. En 1603, Henri IV créait la Poste aux lettres et organisait la centralisation de tous les courriers du royaume — ou presque — dans les bureaux de la Poste afin que rien n’échappe à la vigilance du Général des postes placé à la tête de l’institution. Bien entendu, à l’époque, on se garde bien de préciser aux braves gens que les correspondances intimes qu’ils confieront innocemment à l’administration des Postes pourront, à loisir, être interceptées, ouvertes et lues sans le moindre scrupule. Et ça, c’est très vilain.

On donnera bientôt le nom de Cabinet du secret des postes ou Cabinet noir à cette obscure officine du bureau de poste où, à l’abri des regards, le secret des correspondances était violé en toute impunité.

poste au XVIIe
Les bâtiments de la Poste devant la colonnade du Louvre, XVIIe siècle.

Cette pratique pas très chic se poursuivit sous le règne de Louis XIII, durant lequel Richelieu prit un malin plaisir à s’arroger ce droit de regard sur la communication épistolaire. Le mémorialiste Tallemant des Réaux (Gédéon de son doux prénom) rapporte dans ses Historiettes (1861) la bouillante ardeur avec laquelle le cardinal s’adonnait à la manœuvre honteuse du bris des cachets.

Ainsi, dans le secret, Richelieu dévirginisait les courriers des personnalités qu’il voulait surveiller avec la complicité d’agents spéciaux parmi lesquels un dénommé Antoine Rossignol, recruté pour son incroyable habileté à décrypter les écritures secrètes. Rossignol était un excellent mathématicien et fin cryptologue, un expert en code et en chiffrement. [Il paraît d’ailleurs que c’est en référence à ce gaillard que l’on emploie le terme de « rossignol » pour signifier un crochet de serrurerie ou une clé capable d’ouvrir tout ce qui est fermement verrouillé.] Bref, le type était sacrément balaise. De plus, peu bavard et difficile à faire chanter, le Rossignol incarnait le sbire idéal pour Richelieu. Le voici devant vous, en grande perruque.

Antoine Rossignol.png
Antoine Rossignol, Des hommes illustres (Charles Perrault), XVIIe siècle, Gallica. 

Par l’ouverture subreptice du courrier, on faisait donc surveiller les courtisans, les hommes de guerre, jusqu’à la reine Anne d’Autriche et au roi Louis XIII ! Des têtes célèbres — notamment celles de Cinq-Mars et Montmorency — tombèrent ainsi, à cause d’informations indélicatement dévoilées au détour de leurs correspondances. Telle une fouine en robe de pourpre, le cardinal prenait connaissance de tous les plis relatifs à l’État, avant de les remettre au roi. Et cette manie était devenue si systématique qu’à la mort de Richelieu, Louis XIII exprima sa « joie de recevoir les paquets lui-même ». C’est vous dire… !

Quelques années plus tard, on retrouve notre habile Rossignol sous le règne de Louis XIV. Nommé conseiller du roi, il travaille avec son fils à Versailles, en étroite relation avec le Roi-Soleil. Après s’être associé à la politique de Richelieu, le voilà qui offre maintenant ses services à Mazarin et Colbert. Et c’est ainsi que les petites manigances se poursuivent durant tout le Grand Siècle. Fouquet — qui en savait un rayon pour avoir longtemps été du côté du manche — recommandait d’ailleurs de « prendre garde surtout à ne point écrire aucune chose importante par la poste, mais envoyer partout des hommes exprès, soit cavaliers ou gens de pied, ou religieux. » Et l’histoire montra que le malheureux avait bien raison de se méfier.

Ainsi, les correspondances intimes étaient interceptées, isolées dans un grand portefeuille rempli de liasses de feuillets suspects, et hop, partaient faire un petit séjour à l’ombre du Cabinet noir avant d’être expédiées — ou pas ! – à leurs destinataires. Mais à quoi ressemblait-il, ce cabinet secret, cet antre mystérieux ? Vous vous figurez sans doute un réduit aveugle et sombre, des combles poussiéreux. Sans doute, sans doute. Mais pour dire vrai, on n’en sait pas grand-chose. D’autant plus que les gouvernements se sont toujours défendus d’avoir usé de telles méthodes et que des témoins un peu trop bavards auraient tout simplement… disparu. C’est du moins ce que rapporte Le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle qui, dans ses colonnes, parle d’un « commis de la poste, nommé Christian, ayant parlé de l’existence du cabinet noir et des manœuvres qui s’y pratiquaient, fut arrêté ; il disparut un jour, et jamais depuis lors on ne le revit plus ». Gloups ! Devant tant de cachotteries, certains se sont donné grand’peine à fouiller les coins et les recoins de l’hôtel des Postes, sans jamais trouver l’entrée dudit cabinet. Les uns affirment qu’il était situé dans les sous-sols, d’autres que c’était une petite officine du premier étage à laquelle on ne pouvait accéder qu’en passant par le bureau du directeur… Mystère !

Ce qui est sûr, c’est que derrière la porte du Cabinet noir se trouvaient des hommes de confiance, passés maîtres en l’art du décachetage et grassement payés pour accomplir leur sale besogne dans le plus grand silence. Ça et là, des pupitres dotés de tout un arsenal d’ustensiles : grattoirs, canifs, pots de colle, pains à cacheter, timbres et encres diverses. Car avant de dépiauter les missives pour en prendre connaissance — pour les perlustrer — ces messieurs procédaient d’abord à l’empreinte du cachet au moyen d’un amalgame de mercure et de nitrate d’argent, afin de pouvoir en fabriquer une copie. On sait d’ailleurs que cette fine équipe comptait un graveur du Cabinet des Médailles qui apportait son savoir-faire à ce laboratoire de faussaires. Le cabinet disposait ainsi de bâtons de cire à cacheter de toutes nuances et de tous pays. De même pour les ficelles qui enserraient les paquets : on en avait des françaises, des hollandaises, des allemandes, des anglaises, en veux-tu en voilà ! Une fois l’empreinte récupérée, des mains habiles, armées de pinces rougies ou d’un pinceau trempé dans un bol d’eau tiède, s’appliquaient, avec un art consommé, à amollir le cachet en prenant toutefois garde que les initiales ou les armoiries qui y étaient empreintes ne perdent pas de leur relief. Enfin, sortant son attirail de coutellerie, notre agent saisissait une fine lame qu’il glissait sous le cachet de cire afin de décacheter le pli sans déchirer le papier. Après ces délicates manipulations, les lettres passaient sous la même loupe, celle du surintendant, qui décidait, en cas de soupçon, d’en copier tout ou partie pour en faire part au roi. Les lettres étaient ensuite méthodiquement refermées et recachetées en attendant que leur sort soit fixé. Les plus compromettantes finissaient brûlées et l’on annonçait aux destinataires qui venaient s’enquérir de leurs courriers que ceux-ci avaient été perdus. Mais le plus souvent les lettres étaient remises les jours suivants dans les tris des bureaux de poste et finalement distribuées à qui de droit. Ni vu ni connu, je t’embrouille.

Enfin presque… Parce qu’à force de recevoir leurs lettres avec un retard de quelques jours et parfois des traces visibles d’effraction, les courtisans n’étaient plus dupes. Ils étaient d’ailleurs nombreux à manifester leur mécontentement face à ces agissements ignobles. Voici par exemple ce qu’en pense la princesse Palatine, duchesse d’Orléans, dont le courrier était systématiquement ouvert sur ordre du roi par le surintendant des postes : « Que les Ministres ne m’échauffent pas la tête avec leur décachetage de lettres parce qu’ils pourraient me mettre en humeur de leur dire, parmi ce que j’écris, des vérités dont se calmerait leur curiosité. Du respect que je dois au Roi je ne m’écarterai jamais ; mais aux salops et salopes qui entourent Sa Majesté et trouvent à se divertir dans ma correspondance, je ferai terriblement entendre leurs vérités s’ils continuent à se livrer à cet exercice. » (Lettre du 20 novembre 1692.) Et vlan, notez la puissance de ce magistral uppercut épistolaire.  Madame de Sévigné, elle aussi, se plaignait que ses lettres n’arrivent pas toujours à destination et s’adressait directement, dans ses missives, aux détrousseurs de correspondance : « Hélas ! je conjure ceux qui prennent cette peine de considérer le peu de plaisir qu’ils ont à cette lecture, et les chagrins qu’ils nous donnent. Messieurs, du moins ayez soin de les faire recacheter, pour qu’elles arrivent tôt ou tard. »

Petite poste de Paris, Retronews Annales politiques et littéraires 19.08.1917.png
Bureaux de la Petite Poste de Paris, XVIIIe siècle, RetroNews.

Si sous Louis XIV le Cabinet noir tourne déjà à plein régime, c’est durant la régence et sous Louis XV qu’il sera érigé en véritable institution. Sur ordre du cardinal Dubois l’interception, l’ouverture et la copie des courriers suspects se systématisent. Nommé à la direction de la Surintendance des Postes, ce fieffé coquin en profita pour violer éhontément le secret des correspondances de ses contemporains. On peut se faire une idée du lascar à l’aide du portrait au vitriol qu’en fait le duc de Saint-Simon dans ses Mémoires : « L’abbé Dubois était un petit homme maigre, effilé, chafouin, à perruque blonde, à mine de fouine […] Tous les vices combattaient en lui à qui en demeurerait le maître. Il excellait en basses intrigues, il en vivait, il ne pouvait s’en passer… » Vous voyez le genre !

Et Louis XV lui emboitera dignement le pas, mettant en place une véritable administration clandestine dont il doublera les effectifs. Pierre Larousse, dans son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, rapporte qu’on « avait formé un comité de vingt-deux membres, qui profitaient des ténèbres de la nuit pour se rendre, à des heures convenues, dans un odieux repaire, d’où ils ne sortaient qu’avec les plus grandes précautions, pour se dérober aux regards du public. » À la tête de ce bureau d’espionnage se tenait le surintendant général qui était en lien direct avec le roi pour tout ce qui avait trait au Cabinet noir. Chaque jour, il remettait au monarque, en mains propres, les extraits copiés durant la nuit des lettres considérées comme louches ou dangereuses et n’omettait jamais de lui faire le résumé de la chronique scandaleuse de sa turbulente cour, dont il avait sélectionné les plus friands morceaux. Car si Louis XV comptait sur le Cabinet noir pour surprendre les secrets d’État, il s’égayait surtout de la lecture des confidences d’alcôve, suivait avec passion les intrigues amoureuses et s’enquérait des derniers potins… Et les pauvres diables qui faisaient l’objet des surveillances du roi, pas moins dupes que ceux du siècle précédent, commençaient à perdre patience. Voyez ce qu’écrit, dans une lettre du 16 décembre 1740, Maurice de Saxe, maréchal général des camps et armées du roi, à son ami le comte de Brühl : « J’envoie à Votre Excellence le couvert [l’enveloppe] de sa lettre ; Elle verra qu’elle a été ouverte d’une manière assez grossière ; c’est apparemment un novice qui a fait le coup… ». Le Cabinet noir avait-il alors recruté quelque stagiaire… ? Horace Walpole, quant à lui, s’amusait à écrire en tête d’une de ses lettres l’avertissement suivant : « Bons maîtres de poste, secrétaires d’État ou qui que vous soyez, recachetez promptement cette lettre-ci et envoyez-la : vous garderez la prochaine aussi longtemps que vous voudrez. » (1er décembre 1765). Après tout, mieux valait en rire qu’en pleurer !

Louis XVI, quant à lui, n’avait que très peu de sympathie pour ce bureau d’espionnage épistolaire et voulut l’abolir. Dans un décret du 18 août 1775, son ministre Turgot déclara que la correspondance des citoyens est une chose sacrée et inviolable. Enfin un peu de bon sens ! Mais dès la chute de Turgot, le Cabinet noir fut rétabli par les conseillers du roi, pour « le bien de l’État ». Et Louis XVI céda. Ce dernier avait d’ailleurs tellement peur qu’on mette la main sur sa correspondance personnelle qu’il planquait ses lettres confidentielles dans son « armoire de fer », une sorte de coffre-fort dissimulé derrière une paroi lambrissée, dans le renfoncement d’un mur de son appartement des Tuileries. Mais, manque de bol pour le roi, quelque temps après son arrestation sa planque fut dévoilée par le serrurier qui la lui avait installée. Aussitôt ses papiers intimes ainsi que ceux de Marie-Antoinette furent saisis. Rude…

estampe Correspondance royale trouvée dans l’armoire de fer, au château de Tuileries, remis par Roland, ministre de l'intérieur à l'assemblée nationale.png
Correspondance royale trouvée dans l’armoire de fer, au château de Tuileries, Gallica.

Le Cabinet noir, vieille institution d’Ancien Régime — et infraction honteuse du droit des gens —, persista sous la Révolution malgré les nombreuses doléances réclamant sa suppression. Dans son rapport général (27 juillet 1789), le comte de Clermont-Tonnerre se faisait le porte-parole des citoyens français : « La nation s’élève avec indignation contre la violation du secret de la poste, l’une des plus infâmes inventions du despotisme ». Pourtant, tout le long du XIXe siècle, afin de traquer les conspirateurs, on continua de lire les correspondances bien que le Cabinet noir fut transféré du service des Postes à celui de la Police générale. Ainsi, encore au début du XXe siècle, de nombreuses lettres considérées comme suspectes parvenaient à leurs destinataires ouvertes, accompagnées d’un timbre portant la mention « ouvert par autorité de justice» et du sceau du juge d’instruction. Pendant les deux guerres mondiales, la censure du gouvernement traqua et fit disparaître les courriers nuisibles au secret des opérations. Aujourd’hui, l’inviolabilité des correspondances est garantie par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme (1950). Il en est de même pour les écoutes téléphoniques, mais si vous voulez être assurés que personne ne perce vos secrets, ma foi, dressez des pigeons voyageurs !

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4 réflexions sur “Le Cabinet noir

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  1. Je crains qu’il n’y eût un trou béant et fâcheux entre le Cabinet noir et le Grand Secret de Louis XV.
    Le petit fils Rossignol mort personne ne prit sa succession et son savoir immense se perdit.
    L’intérêt suscité par Dumas sur la minable affaire du masque de fer a détourné les historiens de la véritable recherche à ce sujet. Les mémoires de Saint Simon nous raconte comment Monsieur le Prince échappa à un enlèvement . Le Roi son père en étant avisé ( par son cabinet?) avait pris les mesures, substitué à la place du Prince son grand écuyer , qui tomba sur un parti qui l’enleva au pont de Sèvres.

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